Repenser l’économie de la croissance à tout prix
Article de l'Exemplaire, par Elisabeth Varennes, David Carter et Francis Viel, 02 décembre 2025. Crédit photo couverture: Francis Viel.
Face aux crises sociale et climatique, le projet de décroissance conviviale refait régulièrement surface dans le débat public québécois. Loin de prôner l’austérité, ce courant propose de repenser nos priorités collectives : produire et consommer moins pour vivre mieux.
Il est sept heures, un lundi matin de 2030. Odile se réveille naturellement. Cela fait longtemps qu’elle s’est débarrassée de son réveille-matin. Elle s’étire, bâille, puis pense à sa journée. Qu’a-t-elle prévu déjà ? Ah oui, son premier cours de piano depuis des années. Elle sourit. Elle a enfin « trouvé le temps » de s’y remettre. Elle a repris le piano, car elle rêve de pouvoir jouer pour les enfants malades à l’hôpital, et leur offrir un peu de douceur dans leurs journées moroses. Son après-midi ? Trois heures de travail, pas une seule minute de plus. C’est la norme maintenant, quinze heures par semaine.
Cela semble utopique. Pourtant, c’est le futur qu’imaginait, il y a un siècle, l’économiste John Maynard Keynes. En 1930, il prédisait dans son essai Economic Possibilities for ou Grandchildrens qu’avant 2030 les humains seraient libérés par la technologie et travailleraient peu. Le reste du temps serait consacré aux loisirs, à la culture, à la communauté et au bien-être. Une société de loisirs tant promise par le progrès.
Au Québec, des initiatives comme le Bâtiment 7, les biorégions et la lutte à l’obsolescence esquissent déjà, à petite échelle, le monde dans lequel Odile se réveillera...
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