Dans le cadre de mon microprogramme en communication et journalisme scientifiques, je suis inscrite à un cours sur la conception de formations en ligne.
Mon projet de travaux pratique est de créer une mini-formation sur la gestion du stress au travail. C’était l’excuse parfaite pour relire Par amour du stress, de Sonia Lupien ! Je l’avais déjà lu et j'avais adoré, et même en relecture, je le trouve encore génial ! Si le sujet du stress vous intéresse, je le considère vraiment comme un incontournable.
En attendant, voici les 5 idées que je veux vous partager de cette deuxième lecture.
5 idées du livre Par amour du stress de Sonia Lupien
1. Le stress peut être votre ami… mais pas un ami qu'on veut avoir tout le temps
Tapez « stress » dans Google Images. Vous risquez de voir beaucoup de gens la tête entre les mains, au bord de l’effondrement.
On associe tellement le stress à quelque chose de négatif qu’on oublie sa fonction première : nous donner les ressources nécessaires pour réagir à une situation exigeante. Si une voiture fonce sur vous, vous serez bien contents que votre corps mobilise rapidement de l’énergie pour vous sortir de là.
Le problème du stress est souvent la préconception qu'on en a, et ainsi, notre façon de le vivre. Il est beaucoup plus facile de gérer notre stress quand on le voit comme un allié plutôt que comme un ennemi. Donc, comme le dit Sonia Lupien, la prochaine fois que vous vivez du stress, dîtes-vous "Ceci n'est pas un stress, ceci est un défi". Ou j'aime aussi remplacer l'expression "Je suis stressé·e" par "Je suis excité·e"
2. Quand quelque chose vous stresse, cherchez le C.I.N.É.
Sonia Lupien distingue le stress absolu, qui est une menace réelle et immédiate à notre survie (la voiture qui nous fonce dessus) ; du stress relatif, beaucoup plus fréquent dans notre quotidien.
Votre patron vous crie dessus. Vous allez être en retard chez le dentiste. Votre enfant refuse obstinément de mettre ses chaussures alors qu’il fallait partir il y a cinq minutes.
Dans ces situations, il faut chercher le C.I.N.É. :
- Contrôle faible
- Imprévisibilité
- Nouveauté
- Égo menacé
Faites l’exercice : pensez à quelque chose qui vous stresse en ce moment. Lequel de ces ingrédients y retrouvez-vous ?
Mettre le doigt dessus aide déjà à comprendre ce qui se passe.
3. Parfois, fuir son stress est une excellente idée
Rester dans une situation qui nous dépasse en se répétant « je suis forte, je suis capable d'en prendre » n’est pas nécessairement du courage (et je le dis car je l'ai fait bien trop souvent !!).
Parfois, il faut sortir temporairement de la situation et permettre aux hormones du stress de redescendre pour pouvoir négocier la situation.
Parmi les différentes stratégies pour réduire le stress abordées dans le livre, j’en retiens surtout trois.
Respirer. La respiration ventrale a changé beaucoup de choses pour moi. J’utilise entre autres l’application RespiRelax. Chanter ou rire peut aussi aider à modifier notre respiration.
Bouger. Pas nécessairement « s’entraîner » mais bouger, marcher, courir, danser, nager, faire le ménage de fond en comble si ça vous chante. Le but est de libérer l'énergie emmagasinée dans notre réaction de stress. Mais attention, l’objectif n’est surtout pas d’ajouter une obligation de performance à une journée déjà stressante !
Connecter (en vrai) avec d'autres personnes. Parler à quelqu’un qui nous fait du bien, ou même passer du temps avec un animal. Encore mieux, si vous avez l'énergie pour ça, aller aider quelqu’un d’autre ou faire du bénévolat.Quand on est stressé, on a parfois envie de s’isoler. Pourtant, les liens sociaux peuvent faire partie de ce qui nous aide à traverser la tempête.
4. Le stress est une clé de voûte
C’est probablement l’idée qui me frappe le plus.
On essaie parfois de régler séparément une foule de problèmes : mauvais sommeil, irritabilité, réactions disproportionnées, problèmes digestifs, changements de poids…
Or, le stress chronique peut être la cause sous-jacente à tous ces problèmes.
Par exemple, quand on hurle parce qu’un enfant a mis ses chaussures à l’envers, le problème n’est probablement pas les chaussures, pas vrai ?! Ça vaut alors la peine de se demander ce qui remplit déjà notre verre avant que cette toute petite goutte le fasse déborder. Pour notre bien et celui des autres autour de nous.
5. Écoutez votre hamster
Sonia Lupien appelle « hamster » cette petite voix qui se met parfois à courir dans notre tête.
Étrangement, elle adore se réveiller le soir au coucher, précisément quand on aimerait dormir parce que le réveil va sonner le lendemain matin à 6 h.
Mais le hamster n’est pas l’ennemi. Il essaie de nous signaler quelque chose qu’on ne prends pas le temps d’écouter. Alors il faut lui ménager du temps pour l'écouter...
Attention toutefois : écouter n’est pas ruminer. Quand les mêmes pensées tournent en boucle sans nous mener nulle part, c'est de la rumination et ça ne nous aidera pas, au contraire...
Enfin, un dernier petit Bonus
Votre cerveau a un faible pour les mauvaises nouvelles
Notre cerveau accorde beaucoup d’attention aux menaces. Ça a été plutôt pratique pour nos ancêtres pour éviter les lions mangeurs d'hommes.
Le problème, c’est qu’on transporte ce cerveau dans un monde où les mauvaises nouvelles de la planète entière peuvent maintenant entrer dans notre poche 24 heures sur 24.
Alors deux choses m’aident beaucoup.
La gratitude. Chez nous, au souper, chacun nomme deux choses positives de sa journée. Les enfants comme les adultes. C’est simple, ça crée de belles discussions et ça nous oblige à remarquer aussi ce qui va bien.
Fermer les nouvelles et les réseaux sociaux quand ils commencent à nous faire plus de mal que de bien. Si vous êtes déjà à bout, scroller encore 45 minutes ne vous donnera probablement pas beaucoup de contrôle sur ce qui se passe à l’autre bout du monde. Allez marcher. Appelez quelqu’un. Respirez. Écoutez votre hamster.
Voilà en espérant que ça vous aide à naviguer dans notre monde moderne avec notre machine évolutive qu'est notre corps (et notre esprit). De mon côté, je vais aller travailler sur ma mini-formation sur la gestion du stress au travail pour mon cours. Et si l'expérience est concluante, qui sait? Ça pourrait bien devenir une formation complète sur le stress, offerte par Évolution Héroïque... Qu'en pensez-vous ?
Liz