La strangulation, ou étranglement, est l’action de serrer l’avant du cou de quelqu’un pour comprimer les veines jugulaires, les artères ou la trachée, interrompant ainsi l’apport sanguin et/ou l’oxygénation du cerveau. La compression des artères peut entraîner une perte de conscience en quelques secondes (6 à 10 secondes) et la mort en quelques minutes, même si aucune blessure externe n’est visible. Ce type d’agression n’est pas simplement une forme de violence physique : il s’agit d’un acte de domination potentiellement mortel qui peut survenir dans le cadre d’une relation intime ou familiale. Des études montrent que l’étranglement survient presque toujours dans le contexte de violence domestique et concerne surtout des femmes victimes d’un partenaire intime.
La difficulté à détecter des signes évidents après une strangulation rend cette forme d’agression particulièrement dangereuse. Même sans marques visibles, des dommages internes graves peuvent exister, et la victime peut ne pas réaliser l’ampleur du danger immédiat ou à long terme. C’est pourquoi les urgences médicales considèrent la strangulation comme une situation critique qui nécessite une évaluation même en absence de symptômes évidents.
La strangulation comme indicateur sérieux de risque mortel
La strangulation dans une relation intime est reconnue par des experts comme l’un des indicateurs les plus forts que la violence conjugale peut devenir mortelle. Selon Gael Strack et Casey Gwinn, cofondateurs de l'Institut pour la prévention des strangulations, une personne qui a subi un incident de strangulation non fatal par son partenaire a un risque de 750 % plus élevé d’être tuée ultérieurement par ce même agresseur. Cela suggère que ce type d’agression n’est jamais un incident isolé, mais plutôt un signe clair d’une escalade vers des violences encore plus graves.
La dangerosité de la strangulation se manifeste aussi par le fait qu’elle peut provoquer l’inconscience très rapidement et que même des agressions où la vie n’a pas été prise immédiatement augmentent très fortement la probabilité d’un homicide ultérieur. Cette dynamique fait de la strangulation un signal d’alerte que les intervenants, les services policiers et judiciaires doivent prendre extrêmement au sérieux lorsqu’ils évaluent la sécurité d’une victime de violence conjugale.
Données sur la prévalence et l’impact spécifique chez les femmes
Les recherches disponibles indiquent que la strangulation par un partenaire intime est une forme de violence très répandue chez les femmes victimes de violence conjugale. Dans plusieurs enquêtes et échantillons cliniques, une proportion importante de femmes interrogées ont rapporté avoir été étranglées par leur partenaire, parfois à plusieurs reprises. Ces chiffres montrent que, bien qu’il s’agisse souvent de violence sous-déclarée, elle n’est pas rare : un pourcentage significatif de femmes victimes de violence physique ou sexuelle ont subi des tentatives de strangulation.
En plus des conséquences physiques immédiates, les victimes de strangulation rapportent fréquemment des symptômes neurologiques, respiratoires ou psychologiques dans les jours et semaines qui suivent, ce qui illustre non seulement la violence de l’acte, mais aussi la nécessité d’un suivi médical et psychosocial pour éviter des séquelles à long terme. Cette prévalence élevée et ces impacts multiples soulignent combien la strangulation constitue une forme de violence conjugale grave et potentiellement mortelle.

Pourquoi la strangulation est souvent sous-estimée
La strangulation est souvent sous-estimée par les victimes, la société et parfois même par les professionnels de la santé ou de la justice parce qu’elle peut ne laisser aucune blessure visible immédiatement après l’agression. Cela conduit parfois à minimiser la gravité de l’acte ou à ne pas reconnaître l’urgence médicale et le danger réel que la victime a couru. L’absence de signes externes peut donner l’illusion d’un traumatisme mineur, alors que des dommages internes importants ou des risques de mort subsistent.
Cette sous-estimation est d’autant plus problématique que la strangulation représente souvent une escalade de la violence conjugale et peut être associée à des schémas de domination et de contrôle très dangereux. C’est pourquoi des efforts de sensibilisation, de formation des intervenants et d’adaptation des protocoles policiers et judiciaires sont essentiels pour que ces actes ne soient pas traités comme des incidents mineurs, mais reconnus pour ce qu’ils sont : des signaux forts d’un risque potentiellement mortel.
Conclusion : un signe d’alerte majeur à prendre au sérieux
La strangulation ne doit pas être perçue comme un simple acte de violence physique, mais comme un indicateur majeur d’un danger imminent et potentiellement mortel dans le contexte de la violence conjugale. Sa capacité à provoquer l’inconscience en quelques secondes, son association à un risque fortement accru d’homicide par le même agresseur et les effets souvent invisibles en font une forme d’agression particulièrement grave. Il est donc crucial que la société, les intervenants et les institutions reconnaissent sa gravité et que les victimes reçoivent l’écoute, le soutien et la protection qui correspondent à ce niveau de danger.
Si ce contenu vous interpelle et que vous souhaitez en apprendre davantage sur l’autodéfense personnelle féminine, vous pouvez consulter la page de notre programme Femmes en Confiance.
Si vous représentez un organisme, une institution ou un milieu de travail qui a à cœur la santé, la sécurité et le bien-être des femmes, nous offrons également des Ateliers en Confiance sur mesure. Ces ateliers peuvent être adaptés à vos besoins et à votre réalité afin de sensibiliser, prévenir et outiller concrètement les participantes au sein de votre organisation.
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Si vous ou quelqu’un que vous connaissez êtes victime de violence conjugale ou familiale, il est important de demander de l’aide. En cas d’urgence, composez le 911 immédiatement. Vous pouvez aussi contacter la ligne d’écoute SOS violence conjugale au 1 800 363-9010, accessible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, pour obtenir du soutien, de l’information et être orienté·e vers des ressources locales au Québec (écoute gratuite, confidentielle et bilingue). Cette ligne peut également être jointe par texto au 438 601-1211 (services offerts en français et en anglais).
En outre, les Centres d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) offrent un soutien psychosocial gratuit et confidentiel à toutes les victimes et à leurs proches dans toutes les régions du Québec. Enfin, il existe d’autres ressources comme des maisons d’hébergement et des centres d’aide spécialisés qui peuvent accompagner les personnes touchées dans leurs démarches de sécurité, de santé et de protection.